Ici, quand on parle, on ne le fait pas à mi-voix, mais à grand renfort de gestes, d'exclamations, de rires...je ne comprends pas ce qui se dit parce qu'elles parlent en" Munukutuba" et mes
connaissances sont assez rudimentaires mais je ne perds rien du tableau
J'ai parlé avec les petits laveurs de voitures qui répondent aux noms de "Grâce" "Arel" et "Petit Papa"... Ils n'ont pas pu me dire leur date de naissance ...mais ils ont parlé de leurs nombreux
frères et soeurs: Farmeli, Serge, Ayarole, Olga, Elodie et...."PLATINI"!
Tous les matins, vers huit heures, elle arrive avec sa bassine sur la tête. Elle la dépose sur le trottoir et à la demande, prépare des sandwiches qu'elle enveloppe dans une poche plastique. Elle
range soigneusement sa monnaie dans une autre poche qu'elle ferme avec un noeud puis elle la fixe dans la ceinture de son pagne. Tous les travailleurs du quartier, le temps d'une pause cigarette
viennent lui acheter un morceau de pain.
Par beatrice
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De ma fenêtre...Une ancienne villa et les constructions en parpaing, amorce d'habitations qui ne verront peut-être jamais le jour, déjà la végétation reprend ses droits et des tentacules vertes
sortent des ouvertures, poussant indiféremment à l'intérieur ou à l'extérieur...
Je tourne la tête un peu vers la droite...le flamboyant a perdu ses belles fleurs, il ne reste plus que des sortes de haricots géants,suspendus aux branches...
Encore un peu plus à droite un immeuble se dresse...En bas, dans la rue, l'animation est intense dans la chaleur moite, des boubous colorés passent dans les deux sens, les petits vendeurs se
suivent avec des plateaux d'oeufs sur la tête, des bassines de pains, des bananes, les enfants sautent dans les flaques d'eau qui seront vite asséchées par les rayons brûlants du soleil
Par beatrice
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Tant qu'à faire, puisque certains campent dans les arbres..campons en hauteur.. un an de vadrouille en compagnie des éléphants, des hyènes, des singes et des hippopotames donnent des ressources et
des plans de survie...
Par beatrice
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Quelques dessins qui me font du bien...
le contexte:(extrait de mes carnets de route)
"les oiseaux sans complexe viennent squatter mon paquet de cacahuètes, je sors mon carnet sans croire que je pourrais les encrer sur mon carnet...mais au fil des traits...c'est toute une colonie
qui se prête à la pause...je dessine malgré les gouttes de pluie, honorée sans doute de leur présence majestueuse sans qu'il soit pour eux question de "paraître". C'est bien malgré eux qu'ils
forment à mes yeux des "tableaux".
Je n'en reviens pas...de L'Afrique du sud à la Zambie...les oiseaux se ressemblent dans leur évidence à faire partie de mes envies de dessiner...merci à eux!"
Au coucher du soleil, je capte ces trois silhouettes en rangs non commandés et pourtant à l'allure si réglementée.
Ici cause des hippos et des élephants, mieux vaut camper dans les arbres, mais ceux -ci sont les domaines des singes...(à suivre)
Par beatrice
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Je n'ai pas envie de la dessiner...
Pas avant de l'avoir sublimée par quelques bonnes phrases qui porteront à rêver...
Pour le moment..elle fait encore ses caprices... elle est là alors..tout d'abord, pour en atténuer les effets et sublimer ma peur, j'ai initié un premier écrit de la description de mon
jardin...mettre des beaux mots sur une drôle de sensation..se rendre compte que ces arbres fiers qui font le bonheur et l'ombre apaisante des après midi d'été sont cassés, détruits et sèment à tout
hasard leurs branches tordues. Mais le premier écrit par une privation de courant subite et ravageuse a perdu l'espace de quelques secondes toute la poésie tempestueuse de mon ressenti...
On se sent tellement maître...de son petit chez soi...que l'on fait visiter avec tout cet orgueil de propriétaire...et d'un coup de vent d'un seul, que le maître lui -même se plaît à donner, nous
voilà remis à notre juste place quand la nature se met en colère!
Barré d'une ligne transversale qui coupe le ciel en deux, l'horizon se fait jaune et blanc...et les arbres luttent pour garder leur silhouette verticale... ou s'écroulent..arrachés avec leur
racines qui crient grâce et une noblesse de vieillard centenaire. Vers trois heures du matin les chats hurlaient sachant bien dans leur instinct qu'ils ne pourraient résister plus longtemps, même
s'ils longeaient les murs, à une envolée fatale...Plus que reconnaissants, réfugiés dans la maison, ils n'ont eu de cesse que de lécher leur poil fou et mes mains qui les rassuraient...
Je n'ai pas encore envie de la dessiner...
Par beatrice
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