j'ai pris mon envol, j'ai mis mes ailes...
et plein de plumes dans mes ailes...
plumes de crayons et plumes d'encres
Quand on se trouve bien dans le ciel
Ca peut durer longtemps...
Mais j'ai pris aussi quelques crayons, des peintures et des papiers...
de quoi me ramener sur terre à l'affût de petits indices comme
regarder la terre vue de mon ciel
et regarder mon ciel vu de la terre
regarder mes orteils en émoi
et sentir mon sourire s'élargir
avoir envie de dessiner mes mains qui dessinent
ou le vieil homme qui va acheter son pain le matin
ou bien cette femme qui donne la main au petit qui saute en riant...
Voir, regarder, ressentir...
Je n'aurai pas un ordinateur à portée de main...
mais je vous ferai part de mes réflexions...
A bientôt
Béatrice
Par beatrice
17
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Envahie,
Embourbée, inondée
De "sensations- de sentiments- d'états d'âme..."
Parce que pour me décontracter j'écoute de la musique
de ma cuisine à l'atelier..
du Tango argentin à la Tuna de Madrid
au violon du concerto de...Jean Sibelius... ou d'une symphonie... de Dvôrak...celle du Nouveau monde par exemple (dont j'ai pris pleine densité alors que je mettais le pied en plein hiver sur le
sol américain pour cinq ans)
Je me perds, je ris- je pleure, je glorifie le monde entier et...
Je lui en veux ...avec la même force !
Je ne sais plus où j'en suis quand j'écoute la musique..
Je voudrais que tout le monde soit en face de moi afin de partager
quand on me voit le regard perdu ou le geste enthousiaste...
à l'écoute du violon , du piano, ou des tambours du Burundi,
des claquements de mains ou du rythme donné par les pieds..
Ou qu'il soit là pour que je lui fasse comprendre ce que je ressens du pouvoir des notes,
Non.. pas des notes, vision un peu alphabétique...
ce n'est pas le B-A -BA que je veux partager mais l'impact qu'il a... le phrasé? la mélodie?
non!
l'émotion...C'est plus fort que tout,
l'émotion qui prend aux tripes et qui fait qu'on ne peut plus rien faire d'autre que d'écouter...
et de pleurer ou de rire... et d'aimer!
Une amie de blog a demandé il y a quelques jours à la suite de son image de coquelicot...
celui à qui" le ptit coquelicot" amenait..
Immédiatement j'ai entendu le velouté de la voix de
Mouloudji...
je pense que la musique est l'Art majeur
parce qu'il est
Pure émotion!
Par beatrice
13
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J'ai délaissé mon blog...je l'ai mis à part...je l'ai laissé de côté...
j'ai délaissé mes carnets...je les ai regardés...mais je les ai ignorés...
Obligée!

Enfin...aujourd'hui, allongée, relaxée, la porte ouverte ..
je laisse mes doigts de pieds..."s'éventailler"...
J'écoute "les pêcheurs de perles", je savoure par la porte ouverte la vue qui s'étale jusqu'au fond de mon jardin,
entre les boîtes en cuir du Niger et le tabouret de palabre du Cameroun, je garde à portée de main mon gros cahier, tandis que j'immortalise l'instant sur mon carnet avec mon crayon qui gratte
!!!
Par beatrice
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21
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A cause du ciel bleu matinal... grand sourire et quelques prises de décision aussi rapides que multiples:
Partir en bordure de l'océan...
ou marcher dans la campagne à l'ombre des arbres en fleurs...
ou aller déambuler dans les allées du vide-grenier du village voisin...
ou pourquoi pas une petite escapade en montagne...
Pour mieux y réfléchir, tâter l'air du temps en prenant son petit déjeuner dehors...
Que de bonnes idées...ouais!
le temps de s'apercevoir...des nuages...
amoncellement grisâtre... et menace de... l'inéluctable!
On va avoir de la pluie!
crie la voisine à travers la haie, approuvée bruyamment par son chien .Et voilà!
Le gris s'étale à l'extérieur et colonise l'intérieur; il ronge le moral, détruit la bonne mine en même temps que les bonnes intentions, on jure, on broie du noir avant même qu'on ait
eu le temps de digérer le gris!
Allez , me dis-je, j'ai plusieurs cordes à mon arc...je ne vais pas me laisser abattre par quelques masses cotonneuses et quelques gouttes...Debout là- dedans, je vais aller euh...ici...ou
là..enfin...
toujours est-il que je me suis retrouvée après quelques vadrouilles quelque part à l'abri vers les treize heures au moment où à la fin de son repas on proposait à une dame un petit verre de
saké...qu'elle accepta et qu'elle avala sans broncher avec peut-être juste une lumière subite dans le regard... si, si.. je vous assure mais il faut être observateur pour s'en apercevoir... ...et
avoir une dose d'imagination fertile, si vous voyez ce que je veux dire... Puis elle s'est essuyé les lèvres en les avançant et elle a dit :
"c'est passé!" avec un son rauque au fond de la
gorge...si, si.. je vous assure...
Au même moment, sur ma gauche, j'apercevais un homme qui ne m'a pas paru inconnu...lui aussi d'ailleurs semblait me regarder...j'étais sûre de l'avoir quelque part dans mes archives...Et lorsqu'il
s'est levé pour partir, il a vu mon carnet sur mes genoux et il m'a dit: "Alors, on dessine toujours les gros messieurs?"
cela s'était passé il y a cinq ans dans un restaurant à St Jean de Luz!!!
Ses cheveux étaient devenus blancs mais il portait toujours une veste rouge!
Par beatrice
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20
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Souvenir impérissable de mon enfance.
Marcel...
Papa pique et ...papa coud...
Grands, grands....
Trop grands!
Lourds, lourds...
Très lourds!
Brillants comme un rayon de soleil en plein midi,
Fascinants comme l'éclair un soir d'orage.
Deux lames qui s'ouvrent comme une gueule...
Tentation d'y mettre le doigt
Juste pour voir si le monstre va mordre.
En dessous,
Celle qui touche la table, fine, longue et pointue avec sa tranche biseautée.
Au dessus,
Affûtée, elle aussi, celle qui file le long du tissu en l'écartant, arrondie en son extrémité.
En dessous,
Bruit du bois de la table.
Au dessus,
Bruit des lames qui se croisent.
Entre deux, bruit du tissu qui s'échappe!
SSSSS IIIIIIII ZZZZZZZ OOOOOO
Ouvre sa large gueule et la referme
CLAC!
Ces ciseaux-là,
Trois paires, le père, la mère, le petit...mais grand quand même
Si grand même qu'il faut le tenir à deux mains,
Rangés au tableau entre les mètres ruban
Et les règles en bois incurvées pour tracer les revers et les cols arrondis
Ces ciseaux-là, les enfants n'y touchent pas!
Au repos, suspendus à leurs clous, ils ressemblent à une famille,
Avec une paire de lunettes chacun et un long nez pointu
mais au travail entre les mains expertes,
Ils se transforment en avaleurs de tissu:
Le père ciseau crie: je crique croque crique croque le tissu
Que le grand cric me croque, dit le tissu, ch'suis foutu!
Et dans son coin, le petit se marre
De voir se dérouler ce jeu barbare
Attendant son tour, cela va de soi
De croquer l'organdi ou la soie!
Béatrice Horellou
Par beatrice
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