Souvenir impérissable de mon enfance.
Marcel...
Papa pique et ...papa coud...
Grands, grands....
Trop grands!
Lourds, lourds...
Très lourds!
Brillants comme un rayon de soleil en plein midi,
Fascinants comme l'éclair un soir d'orage.
Deux lames qui s'ouvrent comme une gueule...
Tentation d'y mettre le doigt
Juste pour voir si le monstre va mordre.
En dessous,
Celle qui touche la table, fine, longue et pointue avec sa tranche biseautée.
Au dessus,
Affûtée, elle aussi, celle qui file le long du tissu en l'écartant, arrondie en son extrémité.
En dessous,
Bruit du bois de la table.
Au dessus,
Bruit des lames qui se croisent.
Entre deux, bruit du tissu qui s'échappe!
SSSSS IIIIIIII ZZZZZZZ OOOOOO
Ouvre sa large gueule et la referme
CLAC!
Ces ciseaux-là,
Trois paires, le père, la mère, le petit...mais grand quand même
Si grand même qu'il faut le tenir à deux mains,
Rangés au tableau entre les mètres ruban
Et les règles en bois incurvées pour tracer les revers et les cols arrondis
Ces ciseaux-là, les enfants n'y touchent pas!
Au repos, suspendus à leurs clous, ils ressemblent à une famille,
Avec une paire de lunettes chacun et un long nez pointu
mais au travail entre les mains expertes,
Ils se transforment en avaleurs de tissu:
Le père ciseau crie: je crique croque crique croque le tissu
Que le grand cric me croque, dit le tissu, ch'suis foutu!
Et dans son coin, le petit se marre
De voir se dérouler ce jeu barbare
Attendant son tour, cela va de soi
De croquer l'organdi ou la soie!
Béatrice Horellou
Par beatrice
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je fais oui, je fais mais moi... je ne sais pas faire des semis, faire pousser des pivoines et cultiver des tomates!
Et ma couturière de mère, les mains sur les hanches, observant d'un oeil critique le manaquin de bois soudain vêtu.
Le trait de tes souvenirs me parlent, Béatrice.
Pauline
evidemment le Marcel, il n'a pas posé pour moi ...j'ai travaillé à partir d'une photo que ma soeur avait faite.
bien amusant et plaisant cette vision de la coupe
j'ai découvert par l'intermédiaire de ma belle mère, qui était couturière de métier, qu'effectivement, il existait de grand, trés grande paire de ciseaux
de bien cruel objet de torture si l'on s'en sert dans le mauvais sens !
" Qui a utilisé mes ciseaux de couture pour couper du papier???"
C'est clair, il était magicien!!!
je revoyais ma tante, qui était couturière à la campagne, la machine à coudre Singer, et le ronflement de son gros moteur ajouté, qui semblait peiner au démarrage, puis rugir et s'emballer, au point que l'on ne voyait plus l'aiguille monter et descendre, et que les mètres de tissu défilaient sous la griffe qui les avalait.
Et oui évidemment... J'étais un "garçon", c'est la mécanique de la machine à coudre qui me fascinait...
Et c'est génial-super!